Trois hommes depuis de longues années se
sont penchés sur l'histoire du seul camp de femmes de la zone sud
entre 1940 et 1945
Le Camp de Brens dans le Tarn,à
10mn en voiture de chez moi,c'est l'histoire du
seul camp de femmes de la zone sud entre 1940 et
1945.
Un
épisode souvent méconnu de cette période trouble pour la France.
Pourtant, plus de 1150 personnes, femmes, enfants, ont passé la
grille de la porte d'entrée du camp. De la vingtaine de baraquement
en planche et des bâtiments destinés à l'administration du camp, il
reste encore beaucoup de vestiges C'est au tout début de l'année
1942 que le camp de Brens devient un camp de concentration
(appellation officielle)par décision du régime de Vichy. Mais il a
déjà un long passé derrière lui. 320 femmes accompagnées de 26
enfants débarquent du train à la gare de Gaillac avant d'être
dirigées vers les baraquements. 15 nationalités sont représentées :
beaucoup d'allemandes, des Espagnoles, des Tchèques, des
Françaises. Les mamans de Véronique Sanson, l'artiste ; de Georges
Charpak, le physicien et prix Nobel, sont entrées dans ce camp.
Dora Schaul, célèbre résistante, s'en est évadée en juillet 1942.
D'autres, parfois avec l'aide de gardiens, ont aussi réussie à
s'échapper.
Toutes
ces femmes sont des « indésirables », terme employé dans les
documents fondateurs de ces camps dont les origines remontent avant
même le régime de Vichy. Elles représenteraient un danger pour
l'ordre public. Leur internement n'obéit à aucune décision de
justice. C'est le règne de l'arbitraire. Il y a là beaucoup de
républicaines espagnoles, des anti -nazis, des communistes, des
anarchistes, des Gaullistes. Mais également des
prostituées.
Dans le
camp, les femmes et les enfants vivent dans des conditions
précaires : l'humidité, le froid, la sous-alimentation…Pour
elles, les activités culturelles au sein du camp sont une forme de
résistance. Toutes les occasions sont bonnes pour manifester son
opposition politique au régime.En août 1942, 31 femmes juives sont
transférées vers Saint-Sulpice puis Drancy et Auschwitz. Le reste
du camp tentera d'empêcher ce départ mais en vain, les forces de
police française obéiront aux ordres venus uniquement du régime de
Vichy. Deux autres vagues de déportation suivront.
Le 4
juin 1944, les dernières femmes quitteront le camp de
Brens.